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Natasha St-Pier en concert au Casino Barrière Lille

Un an après la sortie de son dernier album « Mon Acadie », Natasha St-Pier foulera les planches du Casino Barrière Lille le 16 décembre prochain. À cette occasion, la belle canadienne s’est livrée à nous. Son fils, ses engagements, sa carrière : elle vous dit tout.

 

Qu’est-ce qui vous a donné l’envie de faire cet album « Mon Acadie » ?

 

J’ai eu envie de réaliser cet album là il y a déjà quelques années. Lorsqu’on vit loin de sa terre natale, il y a des moments où l’on s’ennuie de chez soi, et c’est ce manque qui m’a poussée à réaliser cet album, j’avais besoin de ce retour aux sources.

 

Un an après la sortie de cet album, quel bilan en tirez-vous ?

 

C’est un album que je n’ai pas eu la chance de défendre autant que je le voulais. J’ai récemment eu un enfant, qui est tombé malade très peu de temps après la sortie de l’album. Sa maladie a nécessité une présence constante. J’ai du faire un choix entre être présente pour défendre cet album médiatiquement ou être présente pour mon bébé. Évidemment j’ai choisi d’être auprès de lui. En revanche, Mon Acadie est un album très scénique qui invite au voyage le temps d’un concert en faisant découvrir des lieux et des instrumentalisations très acadiennes. C’est aussi l’occasion pour moi de revenir sur les grands hits de mon répertoire, que les gens ont aimé et aiment toujours comme Tu trouveras, Mourir demain, ou encore Un ange frappe à ma porte  qui sont présents dans mon spectacle.

 

Par rapport à vos premiers succès, les disques d’or et de platine, quel regard avez vous sur ces années ?

 

C’est très étrange parce que quand je suis arrivée en France c’était avec le titre Je n’ai que mon âme. J’avais très envie de connaitre le succès, rencontrer le public mais je me sentais perdue parce que j’étais jeune, je travaillais très dur et je ne me suis pas aperçue de ce succès. Je n’avais pas le temps d’écouter la radio, je bougeais tout le temps et je ne me suis rendue compte de rien. À l’époque de Tu trouveras j’ai rencontré un immense succès, mais a aucun moment je n’ai eu l’impression d’être une très grande chanteuse. Je m’en rends compte maintenant mais à l’époque je n’en avais pas conscience. D’un album à l’autre, tout le travail est à refaire pour séduire le public, donc on a jamais ce sentiment d’acquis.

 

On vous sent très loin du star système ? C’est vrai ?

 

Je pense que je ne suis pas très exubérante avec mes fans. Je n’ai pas ce côté tactile, très chaleureux à la méditerranéenne. Il y a beaucoup de timidité dans tout ça, mais je suis proche du public et j’ai besoin de ce contact, c’est ce qui me rend vivante. Le star système ça fascine quand on est jeune, c’est impressionnant aussi mais je n’y trouve pas mon bonheur. Je reviens finalement à l’essentiel : ma famille et les choses simples de la vie. Les émissions de télé sont faites pour vous faire rêver et se dire que les artistes ont des vies incroyables. C’est pour ça aussi que j’ai choisi de parler de la maladie de mon fils parce que tellement de personnes pensent que la vie des autres est tellement plus belle. Au final tout le monde a plus ou moins des soucis et des vides à combler et le star système ne comble rien de cela

 

Suite à la maladie de votre fils, vous êtes devenue marraine de l’association « Petit Coeur de Beurre », vous pouvez-nous en dire plus ?

 

C’est une association fondée par des parents d’enfants malades pour accompagner les parents. Elle travaille beaucoup à côté d’une autre association fondée par des médecins qui s’appelle l’ARCFA, qui récupère de l’argent pour la recherche. Petit Coeur de Beurre se concentre vraiment sur l’accompagnement. Par exemple lorsqu’on a un enfant malade en soin intensif à l’Hôpital Necker, on ne peut pas rester à ses côtés. Mais quand ne vit pas à Paris, il faut se loger, se nourrir et ce n’est pas si simple. C’est donc le rôle des bénévoles de prendre le relais pour soulager les parents.

 

Vous ne pensez pas que cette sincérité touche les gens ?

 

Si ça l’est tant mieux, il est vrai qu’il y a une part de sincérité mais aussi de naïveté pour être très honnête. On ne peut pas avoir 17 ans, être propulsée dans ce milieu et ne pas être naïve. J’ai eu la chance de tomber sur les bonnes personnes comme Pascal Obispo. Il m’a appris à faire des choix et savoir dire non, parce que quand on est jeune adulte c’est difficile d’imposer ses goûts, surtout dans ce milieu.

 

Avez-vous une anecdote à nous raconter sur le Nord de la France ?

 

C’est une belle région et les gens sont chaleureux, un peu comme au Canada. J’ai toujours été bien accueillie et le public est fidèle et généreux. C’est un public qui donne beaucoup et partage ses émotions notamment c’est très rassurant.

 

Quel le pire moment de votre carrière ?

 

Un moment gênant lorsque je jouais Notre Dame de Paris au Canada. J’incarnais Fleur de Lys, un personnage qui n’ a pas beaucoup de chansons dans la première partie. Je n’avais pas vu le temps passer et au moment de la chanson Fatalité où tous les comédiens chantent ensemble, je n’étais pas là. J’étais en coulisse, le problème c’est que mon micro était ouvert et les spectateurs m’entendaient parler depuis les coulisses…

 

Le meilleur ?

 

Lorsque j’ai reçu ma victoire de la musique pour le titre Je n’ai que mon âme. J’étais honteuse car j’avais terminé 4ème à l’Eurovision avec ce titre, je n’étais même pas sur le podium. Je pensais que ma carrière en France était terminée et recevoir ce prix a été la plus belle  récompense.

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Natasha St-Pier
En concert au casino barrière lille le 16 décembre 2016 - Réservation ici 

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